Ah le bon temps...
Quand j'avais encore ma précieuse virginité ! C'était plaisant se faire surnommer les flounes par les mauvais garçons qu'on désirait tant malgré l'écart énorme d'âge.
Les soirées pyjama à me chamailler avec mes copines dans mon lit avec des oreillers de plumes ! Et qu'on discutait toute la nuit de nos craintes face à nos premières règles.
Le temps qu'un pénis c'était vraiment dégueulasse. On comprenait pas pourquoi les filles dans la cassette noir de mon papa faisait pour mettre ca dans leur bouche E-U-R-K !
Et combien de fois avons-nous maudît cette Samantha. La première à afficher avec une fierté maladroite son bonnet 34 A ! C'était tout un pétard, elle en faisait chavirer des c½urs, cette garce !
Les soirées à écouter la télévision avec ma meilleure amie, on développait peu à peu notre manque de confiance qui allait devenir flagrant ainsi que notre futur problème d'anorexie, devant toutes ses stars hollywoodienne.
On était des clones en devenir, se maquillant à n'en plus finir devant ses murs tapissés d'innombrables affiches de Britney Spears. Tu t'en rappelles Judith? Tes parents refusaient de nous laisser sortir accoutrées comme ça. On était tellement en colère ce jour-là qu'on cria plus que dans toutes les chansons de Cannibal Corpse réunies en un mélodieux medley.
Lettre à Judith, 13 Septembre 2005; Merci beaucoup de m'avoir accueilli chez toi hier soir. Je sais, tu m'avais dis que je n'étais pas obliger de coucher avec ce gars de 21 ans au party. J'ai pas voulu, je te jure. Je l'ai juste suivie dans la chambre, au début c'était plaisant, on faisait juste des préliminaires. Quand il y a sorti un condom, j'ai dis non... et c'est là qu'il c'est mit à me frapper et ensuite ma violer toute la nuit. J'aurais voulu crier, mais j'aurais eu l'air de quoi? D'une agace? Comme il s'amusait tant à m'appeler. J'ai étouffé mes cris et j'ai endurer ce supplice. Encore merci de m'avoir laisser entrer même si j'étais toute en sang.
Lettre de Judith, 23 Septembre 2005 : Comment as-tu osée? Je croyais qu'on était des amies, comment as-tu pu me faire un coup aussi bas alors que tu sais que je suis la seule qui se soucie réellement de ton existence. Je t'ai consolé l'autre jour et c'est comme ça que tu me remercies? Bref, bonne chance avec mon ex, salope et c'est cocasse que tu ailles trouver une façon de faire rimer herpès, syphilis et condylomes avec ton prénom!
Je me souviens, les nuits lorsque je me tailladais les cuisses pour évacuer ma peine que je coffrais au fin-fond de mon subconscient. Les soirées dans les partys d'inconnus, à boire toute l'alcool qu'on m'offrait, à essayer toutes les drogues inimaginables. Ces mêmes soirées que j'embrassais tout ce qui respirait sous l'½il dégoutée des quelques amies qui me restait. Ces matinées à se réveiller et se diriger immédiatement vers les chiottes pour dégueuler les vices que j'avais commise la nuit d'avant. Ces baises d'un soir sans retour d'appel. Ces après-midis à courir à la pharmacie du coin pour gober une pilule du lendemain...
E-mail de Judith, 5 Juin 2008 : Salut cocotte, je sais que ça fait 3 ans qu'on c'est pas adressé la parole mais j'ai appris par ton frère ta tentative de suicide. Je suis tellement heureuse que tu sois encore parmi nous. Tu songes aller à quel cégep à la fin de l'année scolaire? Moi je vise celui de Jonquière, en journalisme ! J'espère que tu viendras me voir. On a du temps à rattraper.
E-mail à Judith, 6 Juin 2008 : OK, tu réapparais après 3 ans et tu crois que je vais vouloir de ta putain de pitié? J'ai pas besoin de toi, ni de personne. C'est vraiment plaisant que tu me contactes juste car j'ai fais une tentative. Je t'emmerde du plus profond de mon âme, penses-tu réellement que je vais vouloir redevenir amie avec une garce qui ne recherche que la popularité?
Les murs parlent. Elle écoute, attentive. La dérogation de l'information l'intéresse. Elle respire l'insipide. Falsification de balivernes. Messages subliminaux mal codés. L'adrénaline agit à-travers des ondes satellites. La vérité ne lui plaît pas. Elle a besoin d'entendre le mensonge, de le sentir palpable dans ses mains. Répugnant et inhumain. Il jure mais c'est inutile. Son idée est pré-établie. Maintenant, elle livre son corps aux insignifiants. L'amour jeté dans la cage aux loups. Elle pleure, elle est seule mais pourtant elle ne l'a pas méritée. Fin.
C'est un jour pluvieux et les nuages affichent un grisâtre mythique dans un ciel qui semble rempli de traumatismes comme seul les automnes québécois sont capable d'en dissimuler. La température parfaite pour s'enivrer dans une nostalgie plus que mélancolique.
Judith s'avança malencontreusement à l'avant des quelques personnes réunies. Ma mère était là, toute vêtue de noir, plus belle que jamais, plus jolie que la Dahlia noir. Mon père n'était pas présent, il avait un rendez-vous d'affaires. Mon plus jeune frère était là mais n'affichait aucune émotion, après tout... il sait mon nom et c'est tout. Il était tout juste un bambin lorsque j'ai fuguée de la maison familiale. Mon plus grand frère, brillait par son absence. Il avait supposément beaucoup d'études à faire pour son baccalauréat en psychiatrie.
Judith : J'ai retrouvé un journal intime chez votre fille / s½ur. Je voudrais vous en lire un certain passage, si vous en voyez pas d'inconvénients.
La voix tremblante, les mains désemparées, elle débuta ;
'' Je voudrais tout d'abord m'excuser à ma mère. Je t'aime plus que tout et j'espère que tu le sais, rien ne sera plus fort que les liens tissés entre une mère et sa fille. Je m'en veux d'avoir quitter la maison, mais je n'en pouvais plus. Je sais que tu ne supportais pas le fait que je devienne hystérique lorsque mon parrain venait nous visiter. Mais ce que tu n'as jamais su, c'est que pendant les deux ans précédant ma fugue, il abusait de moi quand il me gardait. Je n'ai jamais eu le courage de te l'avouer, de peur que tu me prennes pour une menteuse. J'ai alors fais ce que je sais mieux le faire, garder le silence et endurer...
Et toi, ma chère Judith. J'ai plus que honte d'avoir été probablement la pire amie que tu auras eue. Tu avais et étais tout et j'avais et étais rien. Au lieu de me construire mon bonheur, j'ai jalousé le tien en m'enfonçant de plus en plus dans les torpeurs de ma noirceur. Au moment, d'écrire ses lignes, j'aurais tellement besoin de toi, ça va mal. Je vais être honnête cette fois-ci avec toi car je n'ai plus rien à perdre. Je me suis trouvé un appartement miteux à Montréal suite à ma fugue de l'Abitibi-Témiscamingue. J'avais rencontré trois gars plutôt gentils, on fêtait toujours! Cependant, un bon matin, ils ont décidés ensemble que je leur coûtais cher en drogues et hébergement. Ils m'ont battue, violée et droguée ensuite rebattue, reviolée et redroguée. Ce même putain de cercle vicieux pendant 1 semaine. Après, j'étais toute prête pour le trottoir. Quand je rapporte, je peux avoir ma dose et lorsque je ne produis pas, j'ai le droit à un ½il au beurre noir. Je suis simplement tannée... ''
Quelques années plus tard, Judith était diplômée en journalisme. Elle travaillait pour le Journal de Montréal. Pour son premier article, son rédacteur lui donna carte blanche et un mois. Elle fît d'incalculables recherches et d'entrevues pour finalement remettre en temps dû son article. Le rédacteur était ébahi, il lui accorda la première page. Le lendemain, plus d'un million de personnes pouvait lire en gros titre '' Comme une larme envolée pour une amie déchue...''. L'article racontait l'histoire de l'amie d'enfance de Judith. Le récit toucha toute la province et insista certaines victimes à sortir de l'ombre. Grâce à son reportage, le parrain ainsi que les trois proxénètes qui dirigeaient son amie, furent incarcérés.
Judith est maintenant la chroniqueuse la plus populaire du Québec et s'implique dans plusieurs organismes contre le viol ainsi qu'auprès des centres communautaires pour jeunes.
''Parler c'est vraiment quelque chose de plaisant à dire.
Car on se sent libérer d'une histoire d'un poids assez lourd pour ne pas le raconter. Ce n'est pas non plus un secret qu'on chuchote timidement car ses dires sont trop banales pour être si doucement murmuré. Finalement, n'arrêtez jamais d'écrire car vous ne parlerez jamais assez.''
''Mon cher ange,
Je t'écris ses quelques mots à l'aide de ma plume qui pleure sur ce papier. Depuis que tu t'es envolée là-haut, plus rien n'a de sens. Autrefois, à chaque jour l'aube apportait un nouveau soleil. Le crépuscule affichait ses plus belles étoiles et une flamboyante Lune. L'amour m'a eu. J'ai été sous son emprise et je le vénérais du mieux que je pouvais. Maintenant, il m'a tué de l'intérieur. Les regrets de ne pas avoir apprécier chaque secondes de ses bon côtés me dévorent. Lentement, il m'a enveloppé sous son charme et je n'ai pas pu résisté. Je paye maintenant le prix d'avoir été heureux. Ça en coûtera ma vie. Ça en vaudra mon âme. L'espoir de vivre une seconde fois tout ce qu'on a vécu n'existe pas. J'espère que tu m'en voudras pas d'avoir abandonner si vite. Excuse-moi d'avoir été lamentablement moi. J'aurais voulu courir toutes les routes du Paradis pour te rejoindre, j'aurais esquivé toutes les embûches de l'ascension pour être avec toi mais ce soir je suis à bout de souffle et je vends mon esprit au Diable. Comment pouvoir continuer à vivre et aimer si tout cela c'est toi qui me l'a assimilé. Je ne pourrais jamais être quelqu'un que je ne peux être. À quoi bon jouer le bonheur pour des gens malheureux pendant des années. Vaut mieux une tristesse soudaine et immense qu'un chagrin éternel et inconsolable.
Je ne trouve plus de réponses, pourquoi?
Parce que je ne veux plus de questionnements.
Les libellules, se désintègrent dans ma tête
Les carnivores, maigres font la fête.
Quelques pilules, dose pour cicatriser l'antre.
Les papillons, explosent dans mon ventre.
Tel est mon sort, une ranc½ur déshonorée.
Les vermines, de mon c½ur n'ont plus rien à dévorer.
J'ai été détruit, par la plus belle des lestes pestes.
Et sous la pluie, pour la poubelle, ne reste que mes modestes restes.''
Dédié à tout les cowboys n'ayant encore trouvé leur monture.
It won't care until you dare to stare at unfair frontieres in air. Wear despair and dress like millionaires. No affairs for the unawares.
**Photo : Mon nouveau tattoo